Si Charles Darwin avait voulu connaître et classifier l’origine du sport, il aurait placé en haut des sports de raquette le jeu de paume, qui est l’ancêtre de la pelote tout autant que du tennis. De Montaigne à Roger Federer, ainsi en est-il du jeu de paume, sport dont l’origine remonte à la fin du XIII° siècle, avec pour objectif simple, de se renvoyer une balle sur un espace délimité, dont les deux parties sont séparées par un filet. La raquette n’ayant été inventé qu’au XIV° siècle, les joueurs frappent alors à main nue ou avec une main gantée.
Ce sport qui deviendra immensément populaire en France obligera le prévôt de Paris en 1397 à encadrer la pratique, en l’interdisant tous les jours de la semaine sauf le dimanche puisque de nombreuses personnes quittaient leur travail pour aller pratiquer. De même, les paumiers se regroupent en corporations pour pallier les nombreux abus auxquels le jeu fait face. Certains paumiers bourraient l’éteuf (la balle) de pierres, engendrant des accidents mortels comme en fit les frais, le frère de Montaigne.
La pratique du jeu décline en France au XVIII° siècle, mais s’exporte aux Etats-Unis et en Angleterre. Actuellement, le jeu de paume est encore pratiqué de manière confidentielle dans plus de 35 pays.
Ce sport a, enfin, laissé une trace dans la langue française avec de nombreuses expressions rentrées dans le langage courant comme « épater la galerie » qui se disait quand un joueur réussissait un beau coup, épatant les spectateurs réunis dans la galerie entourant la salle de jeu. De même, le fameux « jeu de main, jeu de vilain » désignait le mépris des élites pour le peuple qui jouait au jeu de paume à mains nues, alors qu’eux jouaient avec des raquettes.
Découvrez les restes de ce sport, ici pratiqué en Australie :






